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"Le Monde des Corps"
du Pr Gunther Von Hagens

Gunther Von Hagens

Un peu d'histoire...
De l'Antiquité au Moyen Age, les dissections étaient prohibées en raison des croyances religieuses.
A cette époque le corps et l'âme ne faisait qu'un et ouvrir un cadavre revenait à profaner le réceptacle de l'âme.
La science progresse mais les mentalités et les croyances évoluent peu.
Si les dépouilles humaines furent de tout temps conservées, plus ou moins longuement, la volonté de préparer les cadavres à des fins didactiques est relativement récente. Certes, les écrits d'Hippocrate et d'Aristote, quatre siècles avant l'ère chrétienne, montrent que la dissection d'animaux est une pratique privilégiée pour acquérir des connaissances anatomiques. Mais le corps humain reste inviolable.
Dès le 15ème siècle, les connaissances en matière d'anatomie s'affinent mais restent clandestines.
Bien que la dissection soit toujours prohibée, les médecins obtiennent de pouvoir utiliser les cadavres de suppliciés ou de condamnés afin d'améliorer leurs connaissances du corps humain.
Ils n'étaient pas rare à l'époque qu'à la tombée de la nuit, les apprentis médecins subtilisent des corps dans les fosses communes ou les morgues pour approfondir leurs études du corps humain. Ces premières anatomistes travaillaient dans le plus grand secret, le plus souvent dans des caves faiblement éclairées.
Les première planches anatomique voient le jour, mais il faudra attendre la Renaissance pour que l'esprit scientifique, encore balbutiant, rende acceptable l'idée de préparer des corps humains et pour que André Vésale, médecin Belge, ouvre les portes de cette nouvelle Science.
Les plastinations de von Hagens s'inscrivent dans la filiation directe des travaux de la Renaissance qui mêlent alors art et science.
Autorisées, les dissections permettent une progression considérable des connaissances anatomiques.
En 1993, un homme fait don de son corps à la science, il est découpé en 1 800 lamelles d'à peine 1 millimètre d'épaisseur, qui ont été photographiées et enregistrées dans un ordinateur. Résultat : un homme en trois dimension "l'homme transparent", qui permet de voir l'anatomie humaine comme on ne l'avait encore jamais vue auparavant.

 

Quand le morbide devient Art...
Cela fait de nombreuses décennies que la mort est source d'inspiration pour les artistes.
Damien Hirst s'inscrit dans cette tendance très en vogue en nous montrant des animaux morts conservés dans différents matériaux.
L'une de ses œuvres les plus connus est sans aucun doute une vache coupée en deux, avec un veau dans son ventre, conservé dans un bloc de résine translucide, le tout exposé sous l'œil avertis du spectateur. Une autre, tout aussi percutante, est composée de papillons englués vivants dans des taches de peinture.
Dans le même registre, citons notamment la photographe Diana Michener qui commença par photographier des vaches dans les abattoirs londoniens avant de s'attaquer aux corps humains dans les morgues et de réaliser des clichés de nouveau-nés morts conservés dans du formol.
Toujours plus loin dans l'horreur, le Dr Gunther Von Hagens expose des corps humains conservés intactes grâce à un procédé de plastination qu'il a lui même mis au point.
Inodores, plus de deux cent cadavres que l'anatomiste allemand a ouvert, tronçonnés et conservés attendent le regard du public....regard qui se veut à la fois choqué, curieux, dégouté mais regard qui va au bout de l'exposition quoiqu'il arrive...

Gunther Von HagensLe Professeur Gunther Von Hagens
Né en 1945 dans une petite ville de Thuringe, en Allemagne de l'Est, Gunther von Hagens fut durant sa jeunesse un militant zélé du Parti socialiste unifié. L'entrée des chars soviétiques à Prague en août 1968 lui fait virer sa cuti. Il tente de passer à l'Ouest, mais échoue. Après deux ans dans les prisons du régime communiste, il est racheté avec un lot d'autres dissidents, en 1970, par la République fédérale. Il entreprend alors des études de médecine à l'université de Heidelberg.
Son diplôme en poche, il décide de se spécialiser en anatomie et met au point, en 1974, un procédé qu'il baptise " plastination ".
Il s'agit de retirer sous vide l'eau et la graisse des tissus et de les remplacer par du caoutchouc au silicone ou de la résine époxy. Les corps entiers ou les organes gardent ainsi leur plasticité, sont inodores et se conservent pour l'éternité. Le principe est simple, la réalisation plus délicate, qui nécessite pour un corps entier plus de 1 000 heures de travail. Débarrassé de sa peau, celui-ci est littéralement " écorché mort ".
Il apparaît dans toute sa complexité musculaire, veineuse et artérielle, ou encore viscérale.
Mais von Hagens va plus loin. " Je refuse de ne présenter que des poupées mortes ", explique-t-il. Substituant le scalpel au burin, il dédouble os et masse musculaire, fait jouer les articulations, ouvre les ventres et recompose des attitudes. Ici, une baigneuse nage le crawl. Là, un homme fait son jogging pendant qu'un autre joue aux échecs. Une femme enceinte, le ventre ouvert, laisse entrevoir son foetus. Une fabuleuse statue équestre est la pièce centrale de l'exposition : tel un spectre, un cavalier, qu'un gigantesque coup de sabre aurait tranché en deux de la tête au pied, monte la montagne de muscles et de tendons dénudés d'un puissant destrier et l'enflamme en lui présentant son cerveau dans sa main droite tendue. C'est le roi des Aulnes que Goethe faisait chevaucher " à travers la nuit et le vent ". " Je n'ai ni formation ni ambition artistique, affirme Gunther von Hagens. Je désire simplement parvenir à une présentation parfaite destinée à faire comprendre combien nous sommes des êtres fragiles. " Une intention si bien perçue par nombre de visiteurs que certains acceptent l'idée de confier leur corps après leur mort à l'Institut de Plastination de Heidelberg. Gunther von Hagens affirme avoir déjà reçu 121 cadavres et 4 000 promesses de dons. C'est le pari de ce Pascal du XXIe siècle : entre l'immortalité de l'âme et celle du corps, pourquoi ne pas opter pour la seconde solution ? " Je ne suis qu'un anatomiste, s'excuse von Hagens, ce n'est pas à moi de répondre à cette question. "
Pour Günther von Hagens et son épouse, le Dr Angelina Whalley, co-fondateurs de l'Institut de plastination de Heidelberg, leur démarche qui leur fait écorcher, couper en rondelles, en lamelles, et finalement mettre en scène des corps accédant ainsi à l'incongruité d'une renaissance dans la mort, se situe dans le droit fil de l'histoire de l'anatomie. " La plastination permet de redonner vie à cette fascinante idée d'une symbiose entre l'art et l'anatomie. Elle stoppe la décomposition et la dessiccation si parfaitement que l'anatomie humaine conserve son esthétique intrinsèque ", justifient les sculpteurs de cadavres exquis dans une brochure expliquant leur démarche aux futurs donneurs de leur corps à la plastination.

 

Gunther Von HagensL'exposition
C'est aux abattoirs de Bruxelles que se tenait l'exposition " Körperwelten" que l'on traduit littéralement par "le monde des corps" (la fascination du réel) de Gunther Von Hagens.
De Tokyo à Bâle en passant par Berlin ou Cologne, l'exposition, très controversée, a tout de même attiré plus de 7 millions de visiteurs.
L'exposition "Art Anatomique" du Pr Von Hagens s'inscrit dans une tradition, la bouscule et en même temps affiche haut et fort sa modernité de par les procédés techniques mis au point pour conserver, présenter le corps.
Fort de ce lifting poussé, le corps humain, en nouvelle star, peut quitter les facultés de médecine, les morgues et autres lieux qui leur sont dédié, pour s'offrir sous les feux des projecteurs, au regard ébahi du public. Le corps se révèle, la mort devient beauté, la mort devient art.
" Tout est Art" affirmait Joesph Beuys, c'est avec cette même certitude que le Professeur Gunther Von Hagens n'a pas hésité à créer un nouveau concept dans l'art actuel : l'exposition de corps humains plastifiés, c'est à dire conservés dans l'état qu'ils étaient au moment de leur décès.

 

Gunther Von HagensLa plastination
Cette technique a été mise au point en 1977 par le professeur Gunther Von Hagens.
La plastination, comparable à la momification ou à l'embaumement des corps, permet de conserver indéfiniment un cadavre en durcissant ses tissus par l'imprégnation de substances chimiques appelées polymères. Cette méthode permet de préserver de toute dégradation n'importe quel organe, coeur, poumons, intestins, foie et même des corps entiers.
Secs, imputrescibles, sans odeur et non toxiques, ces corps peuvent être manipulés sans aucun mesure d'hygiène particulière, ce qui s'avère très utile pour les facultés de médecine.
La plastination s'opère en 4 étapes, cela consiste à remplacer l'eau et la graisse qui composent les tissus de notre corps par du silicone :

  • Les corps sont d'abord immergés dans une solution de formol. Le formol se fixe sur les tissus cutanés.
  • Ils sont ensuite placés dans des bains glacés (environs -25°C ) d'acétone pendant, au minimum, 15 jours. Cela permet la déshydratation complète du corps.
  • Les corps sont immergés dans le silicone afin que le silicone prenne la place des liquides et graisses organiques.
  • On fixe le silicone à l'aide d'un gaz durcisseur

Ce procédé n'altère ni la forme, ni les couleurs des os et des tissus. Après environs 500 heures de préparation, les corps apparaissent secs et propre : "ils doivent être si beaux et si fascinants que personne ne puisse en être choqué" Von Hagens.
Ce n'est pourtant pas le cas de ces cadavres pour qu'ils soulevèrent une enorme polémique.
Depuis l'invention de la plastination, er la création d'un programme de don en 1985, près de 4000 personnes ont donné leur corps à l'Institut de plastination dont un tiers avaient donné leur accord pour l'exposition de leur corps.

 

Gunther Von HagensLa polémique
De prime abord on comprend mal pourquoi une exposition d'art anatomique peut soulever un tel scandale dans de nombreux pays.
Lancée en 1997, cette exposition n'en finit pas d'attirer les foules. Elle triomphe en Allemagne (800 000 visiteurs) au Japon (2 millions et demi de visiteurs) et établit un record national d'entrée en Autriche.
Malgré ce succès incontestable, l'exposition soulève de fortes polémiques.
Dans un pays tel que le Japon, où le corps doit traditionnellement disparaître pour permettre à l'âme de s'élever, l'exposition crée un vrai choc culturel et transgresse les tabou séculaire.
En Allemagne, les Eglises ont essayé d'interdire l'exposition au nom du respect des morts mais n'ont pas trouvé d'arguments juridiques suffisants.
La mise en scène des corps donne une autre dimension à cette exposition que celle de la biologie et de la science.
Un corps vide côtoie les organes internes qui ont été extraits de son enveloppe. Un autre, rendu transparent, a été découpée en 83 "tranches sérielles". Un autre encore, dépiauté de haut en bas, porte à bout de bras le volumineux fardeau de sa peau. Descendant crescendo dans l'horreur, on côtoie ensuite un autre corps découpé en deux moitiés longitudinales et offre un panorama interne des organes intitulé "la nageuse", on rencontre également "le coureur", un corps dont les muscles ont été repliés ou dégagés, ce qui lui donne l'allure d'un épouvantail ou encore "le cavalier", juché sur un cheval lui aussi plastiné et délesté de son cerveau.
La visite se poursuit et les visiteurs silencieux entrent dans le "cabinet d'anatomie". C'est ici que sont réunis les "pires œuvres" du professeur Von Hagens.
Depuis 1995, date de la première sortie des plastinats, ces corps exposés attirent toutes les foudres des médias et de l'opinion publique.
On peut y voir le corps d'une femme allongée et enceinte d'un bébé de huit mois ; un fœtus de six mois posé sur une plaque métallique à côté de l'utérus ; ainsi que des malformations diverses et des blessures infligées sur les corps meurtris qui s'offrent à nous...
Même si l'avis est partagé, la majeure partie des visiteurs trouvent ces "objets" choquant et sacrilèges.
Les journalistes affirment que cela n'a rien à voir avec l'art.

Gunther Von Hagens   Gunther Von Hagens   Gunther Von Hagens

But de l'exposition
Cette exposition a pour ambition de sensibiliser le spectateur aux aspects liés à la santé et de lui permettre une meilleure compréhension du corps, non plus par une anatomie théorique, mais grâce à une présentation d'anatomie spectaculaire et sensationnelle, un voyage en trois dimensions grandeur nature à l'intérieur du corps humain.
La vulnérabilité et le caractère éphémère de notre existence corporelle sont mis en lumière par une approche appelée "edu-tainment", mélange d'éducation ("education") et de divertissement ("entertainment"). Ce caractère à la fois éducatif et divertissant contraste avec la traditionnelle anatomie didactique.
Dans des postures évocatrices de la vie, les figures plastinées de KÖRPERWELTEN transmettent l'illusion du vivant, et par là même une anatomie chargée d'émotions, qui considère l'être humain dans toute son entité.

Expo ou bête de foire ?
Comment expliquer le succès phénoménal de cette exposition en Allemagne (plus de 700.000 visiteurs) et au Japon (1.000.000 d'entrées en 1996) ?
Pourquoi les Eglises et certains partis conservateurs ont-ils si vivement condamné cet étalage équivoque de corps ?
Où finit la médecine, où commence la perversité, où se loge l'art ?
Von Hagens et son équipe pourraient être lassés de répéter constamment les mêmes arguments. Bien au contraire, les qualités sulfureuses de l'affaire sont patiemment commentées et décryptées. Les médias affectueusement complaisants nourrissent d'ailleurs la polémique. On parle de camouflet contre la dignité humaine, d'affront aux valeurs spirituelles du plus grand nombre, de provocation éthique. Qu'en est-il vraiment ?
La plastination permet-elle à l'être humain de devenir "éternel" ?
L'horreur de cette exposition tient t'elle dans l'image ou dans l'objet contemplé, ou bien réside t'elle dans l'œil du spectateur ?
La prise de conscience de son propre corps, n'était-ce pas cela qui nous effrai le plus dans cette exposition ?
Le corps peut-il être un ready made ? A t'on le droit de priver un corps de sa pudeur originelle ?
Exposer un corps humain, est-ce éthiquement possible ?
Si la plastination a un but scientifique, pourquoi étendre cette découverte au domaine de l'art ?
Cela ne va t'il pas répandre des perversions comme le nécrosadisme ou la nécrophilie ?
"Il faut parfois s'empêcher de penser que tous ces corps étaient des être humains", une remarque fondamentale, car l'essentiel du débat porte sur l'exhibition de dépouilles quand des sculptures de silicone auraient le même intérêt pédagogique !

Gunther Von Hagens    Gunther Von Hagens

 

Réaction des visiteurs

Gunther Von Hagens    Gunther Von Hagens

  • "L'exposition montre plein d'enfants et de malformations infantiles, mais pas une seule fois elle n'explique comment un enfant est conçu (acte sexuel)! Comment faire ici l'éducation sexuelle de son enfant?" M. E., 2001
  • "Depuis des siècles, on va voir des animaux au zoo, mais on devrait trouver abominable de porter un regard sur soi-même?" Anonyme, 2001
  • "Une fois de plus fascinée à nouveau, et même ébranlée dans le sens positif du terme, par la perfection et la complexité de la constitution de notre corps, j'ai éprouvé un sentiment très étrange, amical, pour tous les autres visiteurs et visiteuses de l'exposition qui étaient dans la salle avec moi. Il me semblait que nous nous connaissions tous, les uns les autres, dans nos moindres secrets. Cela m'amusait, je ne pouvais pas m'empêcher de sourire tout le temps en voyant se côtoyer ces corps vivants, habillés, d'un côté, et, de l'autre, ces corps muets, plastinés. C'est incroyable comme des personnes qui sont en fait étrangères les unes aux autres peuvent soudainement devenir si proches." Ursula, 1999
  • "Avant l'exposition, on pouvait lire partout une multitude d'articles faisant état d'une "exposition controversée". Le résultat après la visite: "L'enrichissement des connaissances en l'espace de quelques heures est énorme et l'influence sur l'attitude physique et psychique de l'être humain face à lui-même ne saurait être suffisamment évaluée". Un véritable enrichissement!" Günter Wolter, 2001
  • "Parler de mépris de la vie humaine ne suffit même pas à exprimer la réalité de cette exposition, qui a largement franchi les limites de la perversion et est absolument inacceptable sur le plan éthique! Pourquoi une chose pareille n'est-elle pas répréhensible aux yeux de la loi?" Christine, 2001
  • "J'ai maintenant vu l'exposition deux fois. Elle a profondément modifié mon attitude face à mon propre corps, à la vie et à la mort. Je me perçois différemment, plus intensément, et sais mieux apprécier la vie. Cette exposition transforme; ne serait-ce que pour cela, elle est importante." O. Schreiner, 2000
  • "Tout mon respect pour avoir eu le courage de mettre sur pied un tel projet dans notre Allemagne si pudique, et de le mener à bien avec un succès si remarquable. Cela m'a profondément impressionné. Mais je peux aussi comprendre que l'on ait une opinion négative à ce sujet; il faudra encore sensibiliser davantage l'opinion publique, mais votre travail est un début remarquable. Bonne continuation." C. Lampe, 2001

Gunther Von Hagens   Gunther Von Hagens   Gunther Von Hagens

Réaction des médias

  • "Il règne un silence évoquant la célébration d'un culte. (...) Pas de rires étouffés, pas de ricanements, pas de cynisme (...)." Die Welt, 12.2.2001
  • "Il y a bien longtemps que l'information n'avait pas revêtu une apparence aussi sordide." Berliner Zeitung, 5.2.2001
  • "Jamais une exposition artistique n'a réussi à attirer de telles masses. (...) A Berlin, ce sont quelque 7.000 visiteurs qui affluent chaque jour pour voir l'exposition. Tandis qu'ils attendent patiemment de pouvoir entrer, ils forment une file humaine que l'on peut interpréter comme une allégorie du rapport perturbé de l'être humain à lui-même, qui avance lentement, pas à pas, vers une catastrophe. (...) Le plus inquiétant dans les masses qui affluent à l'exposition KÖRPERWELTEN est la promesse messianique de salut avec laquelle ils croient rentrer chez eux. Après avoir vu l'exposition, un visiteur sur cinq prétend trouver intéressant d'être soi-même ainsi conservé. La plastination (...) est en passe de devenir une industrie. (...) Si tant d'hommes et de femmes peuvent se délecter de ce "monde des corps", ce n'est que parce qu'il est inodore, un peu comme une bombe désamorcée. Ces cadavres de plastique se donnent en spectacle dans un Disneyland de l'immortalité." Frankfurter Rundschau, 28.2.2001
  • " Le temps est apparemment venu d'oser à nouveau davantage de démocratie." Lausitzer Rundschau, 17.2.2001
  • "On ne saurait adhérer aux reproches émis sur la portée de l'exposition "KÖRPERWELTEN", qui ne s'écarte jamais de la problématique fondamentale. En déambulant parmi les morts plastinés, aussi uniques qu'authentiques, de Gunther von Hagens, on n'éprouve aucunement le sentiment révulsant de détrousser des cadavres, comme c'est le cas au vu de certaines collections médicales au formol, mais plutôt de s'adonner à une promenade nostalgique, durant laquelle nous nous rapprochons de la fragilité, mais aussi de l'éclat vital de notre existence terrestre de la manière la plus étrangère et en même temps la plus familière qui soit: en nous contemplant nous-mêmes." Süddeutsche Zeitung, 24.1.2000

  • "Quelques jours à peine après son ouverture, la Berlinale, le festival berlinois du cinéma, se faisait déjà voler la vedette, du moins à Berlin même: Alors que l'exposition à grand succès "KÖRPERWELTEN", aussi réussie que controversée, ouvrait ses portes, (...) l'intérêt des habitants de la capitale s'est détourné des stars pour se pencher sur une toute autre question: l'exhibition d'un cerveau humain, est-elle compatible avec la dignité humaine?" Badische Neueste Nachrichten, 13.2.2001
  • "Les visiteurs sont tout simplement animés par la volonté de découvrir l'être humain "de l'intérieur" en voyant des préparations authentiques. C'est à ce souhait que répondent les corps entiers plastinés; ils sont crédibles. (...) Dans une société éclairée, le profane a, lui aussi, le droit de demander à quoi ressemble un être humain "de l'intérieur". Si la préparation de cadavres est autorisée dans le cadre de la formation d'étudiants en médecine (sur ce point, il y a consensus), l'exposition de cadavres préparés aux fins d'instruire un public étranger au monde médical ne peut être inacceptable. L'information du grand public ne saurait, dans une société moderne, revêtir une moindre valeur sur le plan éthique que la formation des médecins." Deutsches Ärzteblatt, 3.3.2000


Gunther Von Hagens    Gunther Von Hagens

  • "Cette exposition ne nous offre pas seulement une découverte intéressante de l'anatomie de l'être humain, qui reste généralement réservée aux médecins et étudiants en médecine. Elle nous montre également le miracle de la vie par une approche des plus impressionnantes. Nous y voyons avec quelle perfection le corps humain a été créé, une perfection que n'atteindra jamais aucune construction technique." Die Kirche; Berlin-Brandenburgisches Sonntagsblatt, 4.3.2001
  • "Il serait assurément trop simpliste que de tenter de s'expliquer l'extraordinaire succès de cette exposition en recourant à des notions comme voyeurisme, ou encore plaisir de l'épouvante et de l'horreur. Ce serait une aussi piètre explication que l'argument, avancé par l'Eglise, d'un contemporain blasphématoire qui chercherait visiblement à supplanter le créateur. Cette exposition a une toute autre portée. Elle ne cherche pas à singer le miracle de la création humaine, mais bel et bien à le montrer comme un miracle. Elle ne cherche pas à remodeler des cadavres pour en faire des œuvres d'art, mais plutôt à montrer combien le corps humain est une œuvre d'art unique, inimitable. Il ne s'agit pas d'orchestrer un jeu impie avec des disparus, mais de combler des lacunes en transmettant des connaissances. Au lieu de l'horreur et de la crainte, il faut y voir l'information et le respect." Schwäbische Zeitung, 27.2.1998
  • "L'exposition temporaire la plus réussie de tous les temps." Financial Times Deutschland, 19.2.2001


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  • "(...) des cadavres au silicone, dépourvus d'expression, découpés et figés dans des poses, ne laissent place à aucune interprétation; von Hagens a beau imiter Beuys en s'affublant d'un chapeau qui ne le quitte jamais, il n'a absolument rien d'un artiste. Alors, ce professeur qui a choisi de s'établir à Heidelberg prétend obstinément faire œuvre d'information. Et ça marche: Environ 90% des visiteurs de KÖRPERWELTEN affirment venir "par intérêt pour le corps". Le public est essentiellement fait d'hommes et de femmes qui déclarent vouloir s'instruire. Pourtant, les psychologues y voient clair: Les visiteurs viennent pour le plaisir de l'épouvante face à de vrais cadavres, pas un train fantôme, pas un film d'horreur ne fait le poids. D'où ce vif intérêt, dont la nature n'est autre que triviale. Un étonnement naïf l'emporte sur une véritable acquisition de connaissances. Cependant, ni les visiteurs, ni les organisateurs ne veulent l'avouer. Les premiers se laissent piéger par le marketing; les derniers exploitent les signes de notre temps: sans se prévaloir d'une dimension culturelle, pas question d'être considéré comme facteur culturel et de bénéficier de subventions. Seules quelques voix s'élèvent pour dénoncer l'hypocrisie. Depuis des années, celui qui se prend pour un génie caresse en outre le projet de créer ce qu'il appelle un "Musée Humain". Sauf que, en fait d'authenticité, ses cobayes sont massacrés pour être mis en scène: Les milieux spécialisés flairent la charlatanerie. Préparateur, plastinateur, plagiaire, manipulateur von Hagens se veut plutôt un esprit éclairé." Neues Deutschland, 15.2.2001

Gunther Von Hagens    Gunther Von Hagens

  • "Même sans les installations bizarres qui trahissent le rapport dérangé de von Hagens à l'être humain mort, ses objets présenteraient un attrait esthétique. Alors que les "infiltrats spinaux d'une lymphogranulomatose avec compression de la moelle cervicale" présentés au Musée d'Histoire de la Médecine - en clair: une paraplégie - ne sont guère évocateurs pour le grand public, même intéressé, parce qu'on ne voit rien de plus que des brins torsadés de couleur vive, le système nerveux de l'être humain reproduit sous une forme "dégagée" grâce à un procédé de moulage, ou la démonstration des voies nerveuses sur le joueur d'échec ne sont pas seulement instructifs, c'est aussi beau." Financial Times Deutschland, 16.3.2001

  • "KÖRPERWELTEN vénère le corps, mais en le présentant comme une machine morte, comme une machine corporelle que l'on peut explorer sous la peau, tout comme on regarde sous le capot d'une douze cylindres à un salon automobile. A une époque où la grandeur métaphysique de la foi fait défaut, le corps apparaît comme la dernière certitude attestant que nous sommes en vie." Zitty 4/2001
  • "Chapeau noir, chemise blanche, gilet en cuir noir. Il parle en détachant chaque mot, tient ses mains sévèrement croisées comme pour la prière ou bien est-ce là l'unique moyen de les empêcher de se livrer à une activité incessante? (...) Il y aura encore beaucoup à dire au sujet de cette exposition. Mais une chose est claire dès à présent une adhésion naïve et simpliste est tout aussi suspecte qu'un rejet obstiné." Der Tagesspiegel, 4.2.2001

Gunther Von Hagens   Gunther Von Hagens  Gunther Von Hagens

Que vous soyez pour ou contre la plastination... l'exposition mérite un coup d'oeil !
Une chose est sûr, vous n'y serez pas indifférent et n'en sortirez pas indemne...

 

Quand le cinéma s'inspire de Gunther Von Hagens...

AnatomieAnatomie de Stefan Ruzowitzky
Le sujet a visiblement inspiré les Allemands, puisqu'ils ont produit un film qui aborde brillament le sujet
Avec : Franka Potente, Benno Fürmann, Anna Loos, Holger Speckhann, Sebastian Blomberg

Synopsis : Pour Paula, brillante étudiante en médecine, un rêve se réalise. Elle a été sélectionnée pour suivre les cours d’anatomie du très réputé professeur Grombek, à Heidelberg.
Cependant, l’enthousiasme cède vite la place à l’angoisse lorsqu’elle découvre sur la table de la salle de dissection un jeune homme qu’elle a vu vivant la veille encore…
Malgré les menaces et les tentatives d’intimidation, elle décide de mener son enquête et découvre un mystérieux cercle secret dans l’enceinte de la respectable université. Peu à peu, elle approche de ce qui se trame dans l’ombre, mais sa vie est maintenant directement menacée…

 

Actualités
Gunther Von Hagens n'a pas finit de faire parler de lui, en novembre 2002 il annonce l'organisation d'une autopsie publique. Au programme découpe de cadavre en direct live à Londres! Les réactions polémiques ne tardent pas...

Il est aussi mis en accusation et doit fournir les papiers d'authentification de toutes les dépouilles aux autorités sous peine de sanction judiciaire. Il serait soupçonné de trafic de cadavre...

 

Retrouvez les prochaines expositions sur :
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Dossier artezia ©
M.M.